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Canon EF 85mm f/1.2L II USM

Mode scalpel

dans mémoire | photo | voir

Comme d'habitude, je passe sur les caractéristiques techniques qui sont disponibles sur le site de Canon. Leur lecture ne me procure aucun plaisir, l'unique information qui me parle est le poids (…et là, on dépasse de quelques grammes le kilo). Et le prix (…et là, je pousse un très gros soupir…!).

Essayer cette optique a été une incroyable surprise dès les premières images.
Je comprends que les avis soient aussi partagés à son propos car sa prise en mains n'est pas immédiate. Le parallèle qui me vient instantanément à l'esprit est celui du scanner, plus exactement de la tomographie… Ce n'est pas une représentation très glamour mais la précision offerte dans les divers plans de l'image par le 85 mm me donne cette sensation. Du coup, son utilisation demande un peu d'entraînement car on a vite fait, si l'on a pas une idée précise de ce que 'on veut obtenir, de faire sa mise au point 1 centimètre trop près ou trop loin…!

Les personnes que j'ai interrogé étaient soient enthousiastes (notamment Thierry Seray ou Zit), soit très réservées… Bref, pas de demi-mesure tant nous avons réellement affaire à une combinaison optique qui a un caractère affirmé. Mes premiers tests jeudi après être passé chez Canon France ont été déconcertants.

Soit j'étais totalement à l'ouest et j'obtenais une image molle pour ne pas dire floue ; soit j'avais miraculeusement trouvé la bonne distance et le rendu délivré splendide… À mes yeux, j'entends.

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1/800° — f/4.0 — 100 ISO

Cette précision, je l'ai déjà éprouvée avec le Canon EF 135mm f/2L USM testé il y a quelques semaines. Paradoxalement, le 135 mm est plus aisé à utiliser — à mon avis — et, au risque de me répéter, possède un piqué étonnant dès 2.0 d'ouverture…

Le 85 mm offre deux "plus" hallucinants. Une ouverture à 1.2 qui permet de travailler dans des conditions de lumière franchement limite. D'ailleurs, si le sujet s'y prête, il offre une bonne qualité d'image à pleine ouverture… Mais le second point est ce rendu optique caractéristique qui permet de détacher un premier plan tout en construisant un flou superbe en arrière plan. Cela modifie du coup radicalement la composition des images, leur graphisme au final.

On imagine sans peine ce que cela peut procurer comme douceur pour des portraits mais aussi pour des compositions florales…

Pourtant ce matin, je suis allé suivre une compétition de chevaux et même si l'auto-focus peut sembler parfois un peu lent, voici deux images prélevées sur une série assez sympathique même si la dernière fait partie d'une série d'une douzaine d'images où la chute est décomposée… Images brutes exportées depuis le fichier RAW source. J'ai modifié mes images après m'être fait engueuler amicalement par Laurent… Il a raison, j'ai tendance à laisser la planche contact au lieu de traiter en 20 secondes les visuels. Son argument est imparable : "alors à quoi cela te sert de faire du RAW…?"

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85 mm — 1/6400 — f/5.6 — 200 ISO (vous pouvez lire l'heure, non…?)

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85 mm — 1/400 — f/11.0 — 200 ISO (Pas de souci, le cheval et son cavalier se sont relevés mais c'était très impressionnant)

À comparer à une image réalisée au 70/200 de f/4.0

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200 mm — 1/250 — f/7.1 — 100 ISO

Alors, oui. Ce n'est pas l'optique idéale mais, à condition de bien se placer (c'est indispensable contrairement au zoom qui permet d'être plus paresseux…), on peut obtenir d'assez bon résultats.

Ajout facétieux…
Je vous disais que c'était une optique idéale pour le portrait, juste un détail

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85 mm — 1/4000 — f/2.0 — 100 ISO

Bref, à suivre mais enthousiasmant…
Note(s) de lecteur(s)…

Et Laurent d'ajouter ceci :
Quelques réflexions après ce billet sur le 85mm.
Au siècle dernier, la construction d'optiques à grande ouverture était motivée par le fait que la mise au point se faisait sur un verre dépoli plus ou moins photophage, associé à un prisme de redressement de l'image, un miroir et un oculaire. Tout ceci avait pour conséquence une visée plutôt sombre, d'où l'idée des constructeurs de proposer des cailloux à grande ouverture UNIQUEMENT pour améliorer la visée, seul moyen à l'époque de caler une mise au point correcte. Le principe de pré sélection automatique (visée à pleine ouverture, simulation de la fermeture du diaphragme par piste potentiométrique pour la mesure de la lumière) permettait donc de travailler diaphragme grand ouvert pour cadrer et mettre au point mais généralement pas pour photographier proprement dit. En effet, bien que les gammes d'optiques à grande ouverture soient plus onéreuses, elles étaient surpassées qualitativement parlant par les séries moins lumineuses et utilisables dès la pleine ouverture.

À de rares exceptions près, comme le noct-nikkor 58mm f/1,2 (la première optique avec une lentille asphérique) ou le Canon 50mm f/0.95 (associé à un boîtier non reflex !), il était donc fortement recommandé de fermer de deux ou 3 valeurs au minimum pour tirer la quintessence de ces objectifs onéreux.
Le cas particulier des gros télés (400mm f/2,8 par exemple) est un peu différent et nous éloigne du sujet...

Actuellement, qu'en est-il ?
Outre les progrès réalisés dans le confort de visée (coefficient de transmission des matériaux utilisés, visée HP...) il faut également noter que la mise au point est désormais confiée au bon soin du détecteur embarqué dans l'appareil. D'autre part, la diminution du bruit numérique allant constant au fur et à mesure de l'évolution technologique des capteurs, il est donc envisageable de monter sans trop de soucis à 200 voire 400 iso sans perte de qualité. Résultat : un 85 mm f/2,8 utilisé à 400 iso actuellement est plus performant qu'un hypothétique 85 mm 85mm f/1 à 50 iso il y a 15 ans (sans autofocus, inexploitable à peine ouverture, inabordable techniquement et financièrement...).

On peut considérer actuellement que l'on gagne une ouverture simplement en doublant la sensibilité iso sur un boîtier numérique récent, sans perte visible. Ce qui n'était pas le cas du temps de l'argentique, notamment en terme de granulation.

À propos de la profondeur de champ, il ne faut pas perdre de vue que ce paramètre est directement lié à la notion de cercle de confusion, donc à la taille des photosites. Elle est donc différente d'un boîtier à l'autre, comme elle pouvait l'être d'une pellicule à l'autre.

Outre la notion de tolérance que l'on peut envisager sur des valeurs de diaphragmes plus fermé, il est assez simple de réduire ladite profondeur a posteriori dans Photoshop, par exemple, avec une série de filtres livrés en standard sur CS3 et justement nommés "flous de l'objectif". L'inverse restant bien entendu impossible.

Cet petit texte n'a donc que pour objet de semer le doute sur la pertinence d'un tel investissement.
Surtout après la chaudière à gaz.... :^)


Pour mémoire :
Divers produits Canon chroniqués…

le 29/03/2008 à 11:30 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

Visages de la femme dans l’histoire de la peinture

Anna Morphose

dans mémoire | photo | voir

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Merci François…

le 23/03/2008 à 10:50 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #

De 5 à 25 mégapixels, est-ce que cela rend la photo plus belle…?

Sony Alpha A900, 25 mégapixels en août

dans groummphh | mémoire | photo

C'est un sujet qui revient régulièrement — une sorte de marronnier — mais ce billet d'engadget ce matin m'interpelle à nouveau (désolé pour les fautes de frappe mais je ne vois pas toujours que mon attelle a ajouté quelques lettres à cette petite note…!). Diantre…! 25 mégapixels cette année…39 l'an prochain et, pourquoi, pas dépasser le seuil des 100 MP en 2010…! Déjà les 39 MP seront disponibles chez PhaseOne (oui, ils ne produisent pas que CaptureOne…)…! Lire à ce propos le billet de Volker

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Notez que je ne boude pas le passage du 5 MP au 10 MP qui est devenu le standard actuel. Pourtant cette course commence — à mon avis — à perdre du sens pour Madame et Monsieur Tout le monde hormis pour les professionnels qui ont réellement besoin de plus de pixels pour réaliser telle ou telle prestation — et d'une plus grande cadence également. Je m'étais déjà interrogé en août 2006 (une éternité désormais…!) et j'ai personnellement revendu mon fidèle 350D pour passer au Canon 5D avec ses 12,4 MP et don format Full Frame, pourtant en deçà des 13,7 MP du Kodak DCS SLR/n testé ici en 2004…).

Car cette augmentation passe par des investissements périphériques importants. Déjà les optiques qui sont désormais calculées pour des capteurs et s'avèrent bien meilleures que leurs parents argentiques (il suffit de relire les billets sur le Nikon D3 de Laurent Thion pour comprendre qu'il ne faut pas oublier d'associer à cette sortie l'incroyable 14-24. Que l'on doit désormais même parler de système d'optiques autour du D3).

Ensuite que les 12,1 MP du Nikon D3 ou les 12,3 MP du Nikon D300 comme les 12,4 MP du Canon 5D se traduisent par l'acquisition de cartes mémoires plus volumineuses (4 Go est un standard), des disques durs de plus en volumineux (750 Go se remplissent très vite en RAW), des machines rapides pour traiter ces fichiers de plus en plus détaillés, des applications idoines et au moins des écrans assez vastes pour afficher l'image et les palettes des applications pré-citées…

Alors je ne suis pas en train de râler parce que l'on nous annonce du 25 MP chez Sony (…et donc chez Nikon a terme, Nikon se fournit chez Sony) mais tout simplement parce que je me pose la question de l'utilité pour l'amateur qui s'est offert un reflex de photographier son mouflet qui vient de naître où la communion de la grande en 25 MP alors que très souvent 5 ou 8 MP suffisent amplement…

Cette accroissement des MP va engendrer d'autres problèmes qu'il faudra à nouveau résoudre en sortant sa carte bleue…! À mon avis, avec 6 à 8 MP, on avait déjà de superbes appareils pour des événements personnels (je pense au Olympus E1 par exemple)… Avec 12 et des poussières (même s'il il existe déjà du très haut de gamme qui dépasse les 21 MP chez Canon avec son 1Ds Markl III), on est déjà dans une zone très confortable pour bosser professionnellement.

La question qui me trotte dans la tête est à quoi cela sert de photographier en 12 MP pour finir en vignette sur le Web…? Ou encore, à quoi cela sert d'avoir un matériel démentiel pour pondre une centaines d'images dans l'année, etc. Rationnellement, c'est assez crétin.

Mais c'est omettre une composante essentielle, le plaisir… Les responsables marketing le savent bien. C'est pourquoi je ne suis pas convaincu que cette course aux mégapixels s'arrête de sitôt, que les photographes amateurs cessent d'investir dans de nouveaux produits. La photo ne sera pas plus belle mais le plaisir renouvelé.

Note : inversement, je connais pas mal de photographes qui continuent à prendre leur pied en argentique, à tirer leurs images, à utiliser des appareils hors d'âge (mais le Blad, c'est increvable, non…?)…

le 22/03/2008 à 14:00 | .(JavaScript doit être activé pour visualiser cette adresse email) à JChris d'Urbanbike | #